📋 Règles du jeu

Comment fonctionne la révision vidéo (replay review)

Kévin · 0

Le baseball a longtemps résisté à la technologie. Pendant plus d'un siècle, la décision de l'arbitre était absolue et définitive. Puis, en 2008, les premières révisions vidéo sont apparues pour les coups de circuit contestés. Depuis 2014, le système a été considérablement élargi et fait désormais partie intégrante du jeu.

Le principe général

Le système de révision vidéo permet de contester certaines décisions des arbitres en s'appuyant sur des images vidéo. Les révisions sont effectuées par des arbitres de la MLB en poste au Replay Command Center, un centre de contrôle situé au siège de MLB Advanced Media à New York. Ce ne sont pas les arbitres sur le terrain qui regardent les images — tout est centralisé.

La contestation du gérant (Manager Challenge)

Comment ça fonctionne

Chaque gérant dispose d'une contestation (challenge) par match en saison régulière, et de deux contestations en séries éliminatoires et au match des étoiles.

Quand un gérant souhaite contester une décision, il dispose de 30 secondes pour en informer l'arbitre, par signal de la main ou verbalement. Une fois la contestation lancée, elle ne peut pas être retirée.

Le processus

  1. Le gérant signale sa contestation et précise quel aspect du jeu il conteste
  2. L'arbitre en chef se dirige vers un emplacement de communication équipé d'un casque
  3. Il entre en contact avec l'arbitre de révision au centre de New York
  4. L'arbitre de révision examine les images provenant de jusqu'à 12 caméras positionnées dans le stade
  5. La décision doit être rendue en 2 minutes maximum (avec quelques exceptions)
  6. L'arbitre en chef annonce le résultat au micro du stade

Conserver ou perdre sa contestation

Si la contestation est acceptée (la décision initiale est renversée), le gérant conserve sa contestation et peut en faire une autre plus tard. Si la contestation est rejetée (la décision est maintenue), le gérant perd sa contestation pour le reste du match.

Un gérant ne peut jamais avoir plus de deux contestations dans un même match, même si ses contestations précédentes ont toutes été acceptées.

La révision à l'initiative de l'arbitre en chef

À partir de la 8e manche, l'arbitre en chef peut décider de son propre chef de revoir un jeu, sans qu'un gérant n'ait besoin de contester. Il peut aussi le faire à la demande d'un gérant qui a épuisé ses contestations — mais ce n'est pas automatique, c'est à sa discrétion.

Les décisions de coups de circuit sont un cas à part : l'arbitre en chef peut initier une révision sur un coup de circuit potentiel à tout moment du match, sans contestation nécessaire.

Ce qui peut être contesté

La liste des jeux révisables couvre la grande majorité des situations :

Les jeux de base — retraits au toucher (tag plays), jeux forcés (force plays), y compris les situations où un coureur touche ou non la base.

Les délimitations du terrain — les balles qui rebondissent par-dessus la clôture (ground rule double), les balles frappées le long des poteaux de foul, l'interférence des spectateurs.

Les coups de circuit — la balle a-t-elle réellement franchi la clôture ? Était-elle fair ou foul ? Y a-t-il eu interférence d'un spectateur ?

Les attrapés au champ extérieur — la balle a-t-elle été attrapée avant de toucher le sol ?

Les fausses balles ou balles fair au champ extérieur.

Le frappeur atteint par un lancer — la balle a-t-elle touché le frappeur ?

Le tag-up — le coureur a-t-il retouché sa base avant de s'élancer ?

Les situations de chronologie — un point a-t-il été marqué avant le troisième retrait ?

Ce qui ne peut PAS être contesté

Certaines décisions restent hors du champ de la révision vidéo :

Les balles et les strikes. La zone de prises est le domaine exclusif de l'arbitre du marbre. Toutefois, depuis 2026, le système automatique de balles et strikes (Automated Ball-Strike System) permet aux équipes de contester certains appels via un système de contestation dédié.

Le check swing. La décision sur un élan retenu n'est pas révisable par vidéo.

L'infield fly rule. L'application de cette règle relève du jugement de l'arbitre et ne peut pas être contestée.

Les fausses balles attrapées dans le champ intérieur. Les jeux « attrapé ou piégé » dans le champ intérieur ne sont pas révisables.

Les trois résultats possibles

Après examen des images, l'arbitre de révision rend l'un de ces trois verdicts :

  • Décision renversée (overturned) : la preuve vidéo est claire et convaincante, la décision initiale est modifiée
  • Décision confirmée (confirmed) : la preuve vidéo confirme clairement que l'arbitre avait raison
  • Décision maintenue (stands) : les images ne sont pas suffisamment claires pour modifier la décision, qui reste donc inchangée

La distinction entre « confirmé » et « maintenu » est subtile mais importante. Dans les deux cas, la décision initiale tient, mais « maintenu » indique un doute que les images n'ont pas pu résoudre.

La stratégie autour de la contestation

La contestation vidéo a ajouté une dimension stratégique au rôle de gérant. Faut-il contester un jeu serré en 3e manche et risquer de perdre sa contestation, ou la garder pour un moment plus crucial en fin de match ?

Chaque équipe dispose d'un spécialiste vidéo installé dans le vestiaire, avec accès aux mêmes images que le centre de New York. Il communique avec le banc via un téléphone dédié pour conseiller le gérant sur les chances de succès d'une contestation. C'est souvent en voyant le gérant sortir lentement du banc — prenant le temps de recevoir l'avis du vestiaire — que les spectateurs devinent qu'une contestation est en préparation.


Prochaine lecture suggérée : Le rôle de l'arbitre en chef vs les arbitres de bases

Batteur de baseball
Souhaiteriez-vous que nous évoquions un autre sujet ? Contactez-nous