Ces deux termes reviennent souvent dans les moments les plus contestés d'un match. Ils se ressemblent — tous deux sanctionnent une gêne illégitime sur le terrain — mais ils s'appliquent à des acteurs opposés. Confondre les deux, c'est mal comprendre qui a fauté et pourquoi.
La règle simple
- L'obstruction est commise par la défense : un joueur défensif gêne un coureur sans avoir la balle.
- L'interférence est commise par l'attaque : un frappeur, un coureur ou même un membre du banc gêne un joueur défensif en train de faire un jeu.
Autrement dit : si la défense empêche l'attaque de courir, c'est de l'obstruction. Si l'attaque empêche la défense de jouer, c'est de l'interférence.
L'obstruction en détail
Définition
Il y a obstruction lorsqu'un joueur défensif qui n'a pas la balle et n'est pas en train de recevoir un lancer bloque le passage d'un coureur. Le défenseur n'a pas besoin de le faire volontairement — un simple positionnement maladroit sur le chemin du coureur suffit.
Les deux types d'obstruction
La règle distingue deux cas selon le contexte :
Type A — Un jeu est en cours sur le coureur obstrué. C'est le cas le plus grave. L'arbitre siffle immédiatement un temps mort. Le coureur obstrué se voit accorder au minimum la base vers laquelle il se dirigeait, et les autres coureurs avancent si nécessaire.
Type B — Aucun jeu n'est en cours sur le coureur obstrué. L'arbitre signale l'obstruction mais laisse le jeu se poursuivre. Une fois l'action terminée, il place les coureurs là où ils auraient été sans l'obstruction, selon son jugement.
Exemple classique
Un coureur se dirige vers la troisième base sur un coup sûr. Le joueur de troisième base, qui n'a pas encore la balle, se tient sur le chemin du coureur et le ralentit. L'arbitre signale l'obstruction et accorde la troisième base au coureur.
Le cas particulier du receveur
Le receveur est souvent impliqué dans les situations d'obstruction, notamment au marbre. Avant de recevoir le relais, il n'a pas le droit de bloquer le passage du coureur. Cette règle a été renforcée en 2014 avec la règle de la collision au marbre (traitée dans un article dédié).
L'interférence en détail
Définition
Il y a interférence lorsqu'un membre de l'équipe offensive empêche un joueur défensif de réaliser un jeu. L'interférence peut être commise par le frappeur, un coureur, un entraîneur de base ou même un spectateur dans certains cas.
Les formes les plus courantes
Interférence du frappeur. Le frappeur gêne le receveur qui tente de lancer à une base pour retirer un coureur. Par exemple, le frappeur reste trop longtemps dans la boîte du frappeur après avoir frappé et empêche le receveur de faire son relais. Le coureur est alors déclaré retiré.
Interférence du coureur. Un coureur touche une balle frappée en territoire fair avant qu'un joueur défensif ait pu la jouer. Le coureur est automatiquement retiré et la balle est morte. C'est aussi le cas si un coureur dévie volontairement de sa trajectoire pour gêner un relais ou un double jeu.
Interférence de l'entraîneur. Un entraîneur de base touche un coureur pour l'aider à s'arrêter ou le diriger physiquement, ou se place de manière à gêner un joueur défensif.
Interférence du spectateur. Un spectateur attrape une balle en jeu en se penchant au-dessus du terrain. L'arbitre place alors les coureurs là où ils auraient été sans l'interférence, selon son jugement.
Conséquence générale
En cas d'interférence, la balle est morte. Le joueur fautif (ou celui au profit duquel l'interférence a été commise) est généralement retiré, et les coureurs retournent à la base qu'ils occupaient avant l'action.
Résumé comparatif
| Aspect | Obstruction | Interférence |
|---|---|---|
| Commise par | La défense | L'attaque (ou un spectateur) |
| Action sanctionnée | Gêner un coureur sans avoir la balle | Gêner un défenseur en train de jouer |
| Conséquence principale | Base(s) accordée(s) au coureur | Retrait du joueur fautif |
| Intention nécessaire | Non | Pas toujours (parfois accidentelle) |
Comment s'en souvenir
Un moyen mnémotechnique simple : obstruction commence par « O » comme « offense empêchée ». Interférence commence par « I » comme « infielder empêché ». La défense obstrue, l'attaque interfère.
Prochaine lecture suggérée : Le ground rule double et ses variantes selon les stades